Fête et combats entre extrémistes

L’Express du 23.06.2011

COMBATS Deux groupuscules nationalistes se sont donné rendez-vous ce week-end dans la campagne neuchâteloise pour organiser un «fight club».

SARA SAHLI

Deux groupuscules d’extrémistes français et romands se sont donné rendez-vous ce week-end à la gare de Neuchâtel. But de l’excursion: fêter le solstice d’été dans la campagne, annonce leur blog. Cadre champêtre pour un programme moins fleur bleue. Après des bûchers et cérémonies «en toute camaraderie» samedi, ils accueilleront la belle saison ce dimanche avec notamment… le tournage de clips de propagande nationaliste et un «fight club». Terme inspiré du roman et du film du même nom, mettant en scène des combats clandestins à mains nues, sans règles et sanglants.

Navettes depuis la gare

La police neuchâteloise prend cette rencontre «au sérieux». «Nous surveillons de près ce groupuscule. Cette fête n’est en tout cas pas un canular», confirme David Maccabez, chargé de communication. Sans surprise, aucune demande d’autorisation n’a été enregistrée pour organiser l’événement.

«Nous étions déjà au courant de ce rassemblement, mais nous ignorons quelles sont leurs intentions exactes, combien ils seront, ni le lieu de leur fête», ajoute David Maccabez.

Le blog de l’Union nationaliste et identitaire suisse (Unis), coordinatrice de la réunion, indique sobrement que des navettes assureront le transport des participants depuis la gare.

L’un des skinheads aurait été reconnu à Neuchâtel

Les membres de ce groupuscule sont «attachés au mouvement skinhead fasciste», prévient l’association antifasciste bernoise Antifa. La section romande de l’Unis n’existant que depuis six mois, celle-ci est épaulée par la section Loire et Haute-Loire.

Sous l’affiche noire en lettres gothiques publiée sur le site, une photo d’un groupe de skinheads floutée. L’un d’eux aurait été cependant reconnu par plusieurs personnes à Neuchâtel…

A part organiser des fêtes et combats dans la campagne, l’Unis Romandie a entre autres activités d’organiser des marches funèbres avec des mouvements nationalistes allemands en mémoire «des plusieurs dizaines de milliers de civils (sic) abattus lâchement par les bombardements des «démocraties» de l’Ouest.»

L’Union nationaliste et identitaire dénonce «le métissage des peuples originels», «le repli communautaire de la part des étrangers juifs et afro-maghrébins musulmans», «le mondialisme», qui menace «la souveraineté des Etats de la vieille Europe», «les citoyens «de souche» devenant des étrangers chez eux», la décadence des mœurs à travers «la destruction de la famille traditionnelle, l’encouragement de l’avortement», et la «banalisation de l’homosexualité».

Egalement convié à la «fête», Artam Brotherhood est un groupe clandestin surtout actif dans le Jura français. Toujours selon l’association Antifa, leur nom est tiré du «Bund Artman», une organisation d’extrême droite de jeunesse fondée en 1926. Elle avait été intégrée aux Jeunesses hitlériennes dès la montée au pouvoir du Führer.

L’association antifasciste «appelle tous les Neuchâtelois et Neuchâteloises à ne pas héberger des fascistes et à les empêcher de diffuser leur idéologie meurtrière.»